samedi 12 mai 2012

Sur le fil

Coucou ma Chérie,

je passe te faire un petit coucou, parce que ce qui est chouette avec notre grossesse, c'est qu'on manque pas de sueurs froides, et peut être que je ne pourrai plus repasser après, peut être même que la prochaine fois que je pourrai poster sur ton blog, tu seras dans ton nouveau chez toi, beaucoup plus grand que le bidou de maman...

Voilà deux nuits que je dort très mal, essentiellement à cause de fichues démangeaisons aux mains, aux pieds... je commence à m'égratigner un peu d'ailleurs... bref comme je t'en ai parlé, ça pourrait être plus grave qu'une simple démangeaison... j'ai été faire une prise de sang ce matin à l'ouverture du laboratoire, j'aurai les résultats en toute fin d'après-midi... et j'espère de tout cœur que ce ne sera rien de tout ce que je peut craindre.

C'est une grossesse sur le fil, depuis le début, vraiment Doudou, ta venue est un miracle, à proprement parler, pour tout ce temps où nous t'avons attendue, pour tous ces murmures dans nos prières, pour toutes ces fois où nous nous sommes pris à rêver de toi, Papa et moi.
Tu es arrivée à point nommé, et puis... par le plus grand des bonheurs, tu es restée.
Au fil des mois, combien de fois avons nous imaginé le pire, combien de fois notre souffle s'est retenu, combien de fois n'ai-je pas cru en notre bonne étoile, combien de fois ai-je prié, prié pour que tu reste, pour que tu sois en bonne santé, et prié pour que ta vie future soit la plus belle qui soit.

A chaque nouvelle peur, je remet tout en question, et aujourd'hui je me dit seulement des choses du genre "tiens, peut être que dans quelques heures, quelques jours, elle sera là". Alors je suis heureuse, mais j'ai peur, pour toi surtout, pour le fragile petit être que tu seras et pour nos gestes maladroits de parents inexpérimentés, saurons-nous poser les bonnes questions? saurons-nous être assez protecteurs pour te préserver de toute source de mal? j'en sais rien Doudou, c'est bien ce qui m'inquiète...

Je crois que Papa est confiant lui, je crois que j'ai besoin de ça d'ailleurs, je ne l'aurais pas imaginé dans ce rôle il y a quelques années, et il lui va comme un gant... ses yeux s'illuminent lorsqu'il parle de toi, et il se passe une chose indescriptible lorsqu'il arrive à jouer avec toi à travers mon ventre, qu'il attrape tes pieds, par exemple... il est dans un état de bonheur que je suis incapable de qualifier...
Ce qui me rassure, par dessus tout, c'est que je sais que, quoi qu'il arrive, si je suis médicalement limitée le jour de l'accouchement, si j'ai une césarienne, par exemple, et que mes bras sont tenus par divers branchements qui m’empêchent de t'entourer de mes bras, si je suis dans l'incapacité de te transmettre tout l'amour que je nourrit pour toi, je sais que Papa saura, lui, être là pour te protéger, pour réchauffer ton petit corps, et je sais que tu reconnais sa voix, puisque tu t'agites comme c'est pas possible dès que tu l'entends parler à travers mon ventre.

Nous voilà sur le fil ma Chérie, une fois de plus, peut être que ce ne sera rien, je l'espère si fort... que tu reste encore un peu là, juste avec moi, à faire la grenouille et à gigoter tes jambes comme une petite furie, sentir et m’enivrer encore un peu de vivre ce qui est surement l'une des plus belles aventures de ma vie, porter ta vie.

A tout de suite, à tout à l'heure, à toujours...

Je t'aime.

Maman

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