lundi 28 mai 2012

Deux et demi

Deux et demi, comme le nombre de semaines qui nous séparent de ce jour immense...

J'y pensais ce matin en me réveillant, tu étais déjà en train de donner des petits coups, papa encore plein de ses rêves, tout ensommeillé malgré les lueurs du jour, moi je ne pouvais déjà plus dormir, parce que mon esprit s'était déjà mis en chemin vers toi, et alors j'imagine beaucoup de choses quand je pense à toi.
J'imaginais la veille de ce grand jour, je me demandais comment je vais bien pouvoir faire pour trouver le sommeil. Tu sais, j'ai très peu dormi la veille de notre mariage à Papa et moi, mais quelque part, c'était très différent, même si la journée m'était inconnue, son déroulement était un peu planifié, les invités nous les connaissions, nous savions, nous mesurions l'un et l'autre vers quoi nous allions...
Toi, tu es pour moi ce rêve tant espéré... et de toi je sais si peu de choses, je t'imagine un peu parfois, mais je n'ose presque pas... alors tout à coup, m'imaginer la veille de ce jour... c'est indescriptible.
Lorsque le jour se lèvera, je m'en voudrai surement d'avoir si peu dormi, je songerai au fait que j'aurais pu me tranquilliser plus tôt dans la nuit, et je me dirai surement que j'aurai une vilaine figure pour t'accueillir dans ta nouvelle vie... malgré tout, malgré la boule que j'aurai au ventre, je me demanderai surement dans quel état d'esprit sera papa, mais je crois que dès que le réveil sonnera, il affichera un sourire malicieux, un sourire pour cette excitation non dissimulée à la seule idée que quelques heures seulement le sépareront de ta peau, de ton cri, de ton petit corps si longtemps chéri à travers ma propre chair.
Quand j'imagine ces instants, je les imagine comme des instants perdus dans le temps, un peu comme les premières secondes de l'ivresse, où tout est ralenti, mais avec cette sensation unique d'être lucide dans un rêve. Je sent mes pas sur le sol, devant la maternité, et notre confusion sur l'entrée à emprunter pour regagner la maternité à cette heure si matinale, il nous faudra peut être passer par la porte de derrière...? nous seront à l'heure, ta mamie sera surement là elle aussi.
J'aime les matins, en général je les aime tous, je crois que je les préfère à la nuit, j'aime les premières lueurs du jour, peut être parce que mes premiers bonheurs, je les ai vécus au petit matin... ces fois où nous partions, Papy M., Mamy B. et moi ramasser des champignons, ou à la pêche... nos départ en vacance, et ce bien être que je ressentais à regarder ton Papy M. prendre son petit déjeuner, silencieusement, tournant calmement chaque page de son journal.

Alors ce matin là, j'imagine que le soleil sera tout juste réveillé, mon ventre prendra un peu de sa chaleur pour nous réchauffer du fond de l'air un peu frai...

Deux semaines et demi à songer à cet instant, cet instant où je serai couchée, sanglée, où mes yeux seront tournés vers Papa, j'aurai envie de pleurer, c'est sur, et c'est pas malin parce qu'avec les bras sanglés, je pourrai pas essuyer mes yeux, et peut être que j'y verrai mal... à songer à cet instant que je n'ose imaginer, où je verrai ton petit corps transpercer le jour, l'air et mon coeur... et qu'enfin j'entendrai à mon tour le son de ta voix, où je sentirai ta peau, ton odeur, où je pourrai enfin découvrir les traits de ton visage, la forme de ta bouche, de tes yeux, de ton nez, le galbe de tes joues...

Je t'aime ma poupée... bon sang, comme je t'aime.

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