lundi 11 juin 2012

Crocodile

Bonjour mon Bébé,

mon Bébé... d'ici près de 48 heures, ces mots prendront tout leur sens, tout prendra peut être un sens, parce que tu seras là, sortie de ta cachette secrète dans laquelle tu baignes encore à l'heure où je t'écris.
D'ici 48 heures, nous seront à quelques minutes de ton arrivée, j'aurai sans aucun doute la gorge serrée, peut être que toutes mes émotions vont se bousculer, de mes espoirs, ces années d'attente, ces mois de bonheur avec toi, le regret que papa ne tienne pas ma main, la peur d'être une mauvaise mère, la certitude de t'aimer démesurément, la peur pour ta santé, la peur de cette intervention, la peur de ne pas arriver à te donner mon lait, les questions sur la couleur de tes yeux et de tes cheveux, ces questions sur le parfum de ta peau, imaginer ta petite silhouette, une fois encore... tout risque de se mélanger, et former de grosses larmes de crocodile.

Finalement, il n'y aura que Papa et moi aux première lueurs du jour, mamie a dit qu'elle arrivera dans la matinée.

Je quitterai la veille ce bracelet que Papa nous a offert, ces deux cœurs entre-mellés, et si tu le souhaites, c'est toi qui les portera ensuite.

Finalement, Papa travaille aujourd'hui (son chef lui a refusé son jour au dernier moment), c'est son dernier jour de travail avant ton arrivée, Mamie va passer dans la matinée pour planter quelques fleurs sur le balcon, je pourrai peut être en profiter pour lui demander de me mettre un peu de crème sur mes pieds (que je n'arrive plus à atteindre) et sur mon ventre qui a pris cher et qui a la texture de bottes en croco!
On profitera de cet après-midi pour essayer de faire une petite sieste, je crois qu'on en a bien besoin toi et moi, les nuits sont très courtes, très chaotiques...

A propos de crocodile, je n'aime pas montrer mon ventre... mais il est question d'illustrer un peu ce billet, alors exceptionnellement, te voilà dans ta cachette de ces derniers mois, bien gardée par un féroce crocodile :


Je repasse t'écrire tout à l'heure... je t'aime mon Bébé.

Maman

mardi 5 juin 2012

Epis d'Or

Ma Poupée d'Amour,

en nous réveillant de la sieste cet après-midi avec Papa, on s'est trainés jusqu'au salon, encore à moiti endormis... Papa a succombé à l'appel d'un magnum, quant à moi, j'ai mis quelques minutes de plus à me lever, le temps de me mettre sur le dos, puis sur le côté pour me lever (oui, c'est tout un poème de me lever entre mes douleurs ligamentaires et mon bidon).
Je me suis installée sur le canapé, le temps de me remettre des cinq mètres parcourus entre la chambre et le salon... (on en se moque pas!) et là, mes yeux tombent sur la boîte de biscottes qu'on avait pas rangé avant d'aller à la sieste.
Ces biscottes, c'est des "épis d'or", en y pensant deux secondes, m'est venu la chanson en tête, la chanson de la publicité qu'on entendait quand j'étais encore enfant.
"De mon temps", Epis d'Or c'était une marque d'huile, mais peut être qu'ils se sont diversifiés, après tout, de nos jours il n'est pas surprenant de voir qu'une marque fournisse du lait, des oeufs, des cigarettes et de l'essence... alors passer de l'huile à la biscotte, pourquoi pas.
S'en est suivi une réflexion intense... voilà que cette fabrique tient debout depuis plus de trente ans, sera t-elle encore en activité quand ma poupée aura mon âge?
Alors oui, c'est un billet totalement useless et sans intérêt... mais voilà à quoi peut cogiter une femme enceinte, quand elle ne pleure pas à l'idée de laisser son petit bébé chez la nourrice ou de devoir la laisser dormir dans sa chambre trop tôt à son goût.

J'ai mieux dormi cette nuit, en deux morceaux, une fois 3 heures et une fois 2h1/2, un petit 5h1/2 qui m'a quand même fait du bien, puisque ce sommeil n'a pas été trop entre-coupé... je n'ai pu fermer l'oeil que lorsque Papa est rentré à la maison, si j'avais eu la force, on lui aurait fait un guet-apens pour le faire tomber dans le lit pour le manger de bisous, mais j'étais naze, je me suis contente d'ouvrir grand les bras pour l'enlacer lorsqu'il est entré dans la chambre.
C'est sa dernière semaine de nuit avant ta naissance, quelques jours encore, une poignée, et tu seras là...

Et dans le monde, quoi de neuf? l'Italie a été très touchée par un séïsme, de nombreux actes antisémites sont recensés depuis l'affaire "Merah", le SAV d'Omar et Fred va s'arrêter, Venus va venir saluer le Soleil demain matin et cela ne se reproduira que dans 117 ans, ce dimanche on va voter pour les législatives.
Aujourd'hui il a fait beau et doux, pas trop chaud, pas trop froid.

Papa et moi on est passés à mon boulot ce matin, ça m'a fait plaisir de voir les collègues, et puis mon chef nous a offert une bouteille de champagne :) je pense qu'on aura quelques visites la semaine prochaine... d'ailleurs Mamie B. a pris un coup de stress parce que sur les documents que l’hôpital m'a remis, c'est écrit que les visites sont autorisées l'après midi, et elle travaille d'après-midi/nuit tout le temps, alors elle va essayer de demander au moins un jour à son chef pour ta naissance, et on va tenter de négocier pour qu'elle puisse venir nous voir le matin, mais j'ai bien senti tout à l'heure au téléphone que ça la stressait l'idée de ne pas pouvoir te voir...

Voilà tout mon p'tit chou... Papa est au boulot et il me manque beaucoup, si je m'écoutais j'irais le voir en screud au boulot... encore quelques jours et il sera juste pour toi et moi, il aura quelques congés avant ta naissance et après ta naissance aussi...

Moi de ce temps, je vais profiter de ces derniers instants à te sentir gigoter dans mon ventre, à me chatouiller avec tes doigts de pieds miniatures :)

Je t'aime ma chérie.

Maman

lundi 4 juin 2012

Coup d'fatigue

Bonsoir mon Bébé,

comme le titre de ce billet l'indique, j'ai un gros gros coup de fatigue, voilà deux nuits que j'enchaine à très peu et mal dormir... beaucoup de douleurs ligamentaires, beaucoup de réveils intempestifs... je commence à souffrir de plus en plus de cette fatigue, je pleure un peu pour un oui ou pour un non. Dans quelques minutes j'irai me glisser dans notre lit, en attendant que Papa rentre du travail puis j’essaierai de trouver un peu de repos.

Aujourd'hui nous sommes allés passer le dernier monito avec la sage femme libérale qui nous a suivi depuis plusieurs semaines (mais nous auront encore un ou deux monito d'ici ton arrivée), tu étais très agitée, mais tout va bien :) et en prime ma tension n'a jamais été aussi bonne.

Voilà j'aurais pas mal de choses à te raconter sur le monde, mais vraiment j'ai peine à aligner mes mots sans les mélanger, j'ai juste envie de te sentir bouger là dans moi, juste envie que Papa rentre, et qu'on passe une douce nuit, une nuit reposante et paisible... bon je me fais pas trop d'illusions, c'est une pleine lune blanche qui s'annonce ce soir...

Je t'aime ma toupinette.

Maman

samedi 2 juin 2012

Ta main contre la mienne

Mon Bébé,

Les jours passent, et cette peur qui m'animait commence à s'estomper un peu... a présent, et bien que j'ai passé des mois à songer à toi, tu habite presque chacune de mes pensées... et voilà que je me languis de plus en plus de te découvrir, j'ai hâte de savoir qui tu es, et j'ai hâte que Papa et moi puissions commencer cette nouvelle vie avec toi.
La semaine a été chargée, j'étais épuisée hier encore, j'ai pu trouver un moment pour dormir avec toi, et en me réveillant tu étais toute agitée, alors j'ai caressé mon ventre, tu as réagi, je crois que tu glissait ta main à l'intérieur de la paroi qui nous sépare, ça a duré peut être dix minutes comme ça, un coup ta caresse, un coup la mienne... et depuis ces semaines où tu t'abrite dans mon ventre, je crois n'avoir jamais ressenti de plus grand bonheur, tu communiquais avec moi, c'était presque un câlin, un câlin in utero.
Je suis un peu étrange ma poupée, je me sent étrange, j'ai le sentiment d'être dans une bulle, d'être à moitié consciente du monde qui m'entoure, ces jours qui me séparent de toi se raccourcissent, et me plongent de plus en plus profondément dans un état de transe...

Je t'aime ma petite étoile de mer.

Maman.

lundi 28 mai 2012

Deux et demi

Deux et demi, comme le nombre de semaines qui nous séparent de ce jour immense...

J'y pensais ce matin en me réveillant, tu étais déjà en train de donner des petits coups, papa encore plein de ses rêves, tout ensommeillé malgré les lueurs du jour, moi je ne pouvais déjà plus dormir, parce que mon esprit s'était déjà mis en chemin vers toi, et alors j'imagine beaucoup de choses quand je pense à toi.
J'imaginais la veille de ce grand jour, je me demandais comment je vais bien pouvoir faire pour trouver le sommeil. Tu sais, j'ai très peu dormi la veille de notre mariage à Papa et moi, mais quelque part, c'était très différent, même si la journée m'était inconnue, son déroulement était un peu planifié, les invités nous les connaissions, nous savions, nous mesurions l'un et l'autre vers quoi nous allions...
Toi, tu es pour moi ce rêve tant espéré... et de toi je sais si peu de choses, je t'imagine un peu parfois, mais je n'ose presque pas... alors tout à coup, m'imaginer la veille de ce jour... c'est indescriptible.
Lorsque le jour se lèvera, je m'en voudrai surement d'avoir si peu dormi, je songerai au fait que j'aurais pu me tranquilliser plus tôt dans la nuit, et je me dirai surement que j'aurai une vilaine figure pour t'accueillir dans ta nouvelle vie... malgré tout, malgré la boule que j'aurai au ventre, je me demanderai surement dans quel état d'esprit sera papa, mais je crois que dès que le réveil sonnera, il affichera un sourire malicieux, un sourire pour cette excitation non dissimulée à la seule idée que quelques heures seulement le sépareront de ta peau, de ton cri, de ton petit corps si longtemps chéri à travers ma propre chair.
Quand j'imagine ces instants, je les imagine comme des instants perdus dans le temps, un peu comme les premières secondes de l'ivresse, où tout est ralenti, mais avec cette sensation unique d'être lucide dans un rêve. Je sent mes pas sur le sol, devant la maternité, et notre confusion sur l'entrée à emprunter pour regagner la maternité à cette heure si matinale, il nous faudra peut être passer par la porte de derrière...? nous seront à l'heure, ta mamie sera surement là elle aussi.
J'aime les matins, en général je les aime tous, je crois que je les préfère à la nuit, j'aime les premières lueurs du jour, peut être parce que mes premiers bonheurs, je les ai vécus au petit matin... ces fois où nous partions, Papy M., Mamy B. et moi ramasser des champignons, ou à la pêche... nos départ en vacance, et ce bien être que je ressentais à regarder ton Papy M. prendre son petit déjeuner, silencieusement, tournant calmement chaque page de son journal.

Alors ce matin là, j'imagine que le soleil sera tout juste réveillé, mon ventre prendra un peu de sa chaleur pour nous réchauffer du fond de l'air un peu frai...

Deux semaines et demi à songer à cet instant, cet instant où je serai couchée, sanglée, où mes yeux seront tournés vers Papa, j'aurai envie de pleurer, c'est sur, et c'est pas malin parce qu'avec les bras sanglés, je pourrai pas essuyer mes yeux, et peut être que j'y verrai mal... à songer à cet instant que je n'ose imaginer, où je verrai ton petit corps transpercer le jour, l'air et mon coeur... et qu'enfin j'entendrai à mon tour le son de ta voix, où je sentirai ta peau, ton odeur, où je pourrai enfin découvrir les traits de ton visage, la forme de ta bouche, de tes yeux, de ton nez, le galbe de tes joues...

Je t'aime ma poupée... bon sang, comme je t'aime.

dimanche 27 mai 2012

les finitions

ma chérie,

j'aurais tellement voulu t'en dire plus hier, hélas on a peu de temps pour préparer ta venue, puis il faut que l'on se repose un peu.

Tu arrive tout doucement, a quelques jours de la date prévue, il suffirait de tendre la main pour t'attraper. Tout se concrétise petit a petit, tout se construit, je plane, je n'ai pas peu, au contraire, je suis excité tous les jours qui me rapprochent de toi, c'est un peu l'addition de l’excitation de tous les noëls de mon enfance.

Maman a commencé a nettoyer la porte de ta chambre, dans la semaine sans doute, celle ci ornera les lettres de ton doux prénom.

Il faisait sombre, nous étions deux âmes errantes dans la profondeur de la nuit, et tu es arrivée, notre éclat du soleil, tu nous as redonné foi en l'espoir, tu nous a redonné le sourire, la patience, aujourd'hui déjà tu es partie intégrante de notre vie, et, tout ce que l'on s’apprête a vivre, on le vivre pour toi et par toi.

Il y a une semaine, je me suis entrainé a fixer la nacelle dans la voiture, je dois dire que c'est étrange mais soit je n'ai rien compris, soit, ça ne tien rien du tout, il faudra que je réessaye.
hier je me suis rasé la barbe et taillé le bouc, histoire de ne pas avoir trop de barbe le jour de ta venu, et que je ne pique pas non plus

Aujourd'hui nous sommes allés chercher mamy B elle était contente de ses vacances, et on réalise encore une fois, que notre prochain déplacement la bas, on le fera a tes cotés. Une petite piscine, un ballon, ainsi qu'un nécessaire a pattés de sable t'attendent déjà la bas.


Une poignée de jour seulement...





Pour les nouvelles du moment, Gary Connery  sauté de 800m d'un hélicoptère sans parachute pour attérir dans 20000 cartons a une vitesse de 130km/h

bientôt auront lieu les législatives, webber a gagné le grand prix de monaco,la suède remporte l'eurovision

bisous ma poulette, a très bientôt

samedi 26 mai 2012

denière ligne droite

Ma chérie,

Nous sommes aujourd'hui le 26 mai, et ta venu au monde est de plus en plus proche, tous ce que nous planifions jusqu’à maintenant est fait, nous avons fini la valise, reste encore le ménage que nous ferons lundi, et ce même si ce n'est pas notre tasse de thé, tu arriveras dans une maison propre, ta maison.

Nous sommes allés a Vizille pour un pic nic avec maman, c'est notre 3ème pic nic au total, mais je crois bien que celui ci était le plus beau, on a gavé les cygnes et canard, je pense qu'ils ont a manger pour un an, il a fait très beau et j'ai pris un coup de soleil, c'était rigolo de s'imaginer dans quelques semaine se promenant ici avec maman et toi.

Je ne parle pas beaucoup de toi au travail, car je pense qu'ils ne peuvent pas comprendre l'état dans lequel je suis, je ne me sent pas isolé, je suis seul au milieu de tous, je regarde le monde défiler, mais pour moi le temps est arrête, c'est une sorte de timelapse, je te raconterais ce qu'est un timelapse si tu t’intéresse a la photographie, bien que je sois persuadé que tu t'y intéressera un minimum (ou peut être c'est ce que je veux croire).

Depuis que tu es la j'ai encore grandi, non pas que j'ai pris quelques centimètres, mais je vois le monde différemment, maintenant il y a nous, et le reste du monde, je sais rester proche des gens, relativiser et voir les choses avec du recul, je pense avoir gagné en sagesse, et c'est grâce a toi.

Lors de notre dernier rendez-vous avec le gynécologue, on a choisi la date de ta venue au monde, l'image pourra paraître idiote, mais on se serait cru a Ikea, planifiant la date de livraison des meubles... tout ça pour dire, que plus le temps passe, plus tout devient concret, tes coups de pied sont plus fort, je sens la caresse de tes mains quand je pose les miennes contre toi.

Aujourd’hui je me sent père, je me sent près à pousser les montagnes pour toi, et si je suis dans cet état, c'est parce que j'ai l'impression que rien ne pourra m’atteindre tant que tu iras bien.

J'apprendrais à être un bon père, je ferais sans doute des erreurs, parfois je manquerais de tact, ou te gronderais pour rien, je serrais peut être stressé ou strict parfois, certains jours on ne se comprendra pas, mais j'essayerais d'être le plus juste possible, et je ne cesserais jamais de t'aimer, quoi qu'il arrive.

j'ai hâte de te serrer dans mes bras, et de prendre des millions de photos de toi
je t'aime