Bonjour mon Bébé,
mon Bébé... d'ici près de 48 heures, ces mots prendront tout leur sens, tout prendra peut être un sens, parce que tu seras là, sortie de ta cachette secrète dans laquelle tu baignes encore à l'heure où je t'écris.
D'ici 48 heures, nous seront à quelques minutes de ton arrivée, j'aurai sans aucun doute la gorge serrée, peut être que toutes mes émotions vont se bousculer, de mes espoirs, ces années d'attente, ces mois de bonheur avec toi, le regret que papa ne tienne pas ma main, la peur d'être une mauvaise mère, la certitude de t'aimer démesurément, la peur pour ta santé, la peur de cette intervention, la peur de ne pas arriver à te donner mon lait, les questions sur la couleur de tes yeux et de tes cheveux, ces questions sur le parfum de ta peau, imaginer ta petite silhouette, une fois encore... tout risque de se mélanger, et former de grosses larmes de crocodile.
Finalement, il n'y aura que Papa et moi aux première lueurs du jour, mamie a dit qu'elle arrivera dans la matinée.
Je quitterai la veille ce bracelet que Papa nous a offert, ces deux cœurs entre-mellés, et si tu le souhaites, c'est toi qui les portera ensuite.
Finalement, Papa travaille aujourd'hui (son chef lui a refusé son jour au dernier moment), c'est son dernier jour de travail avant ton arrivée, Mamie va passer dans la matinée pour planter quelques fleurs sur le balcon, je pourrai peut être en profiter pour lui demander de me mettre un peu de crème sur mes pieds (que je n'arrive plus à atteindre) et sur mon ventre qui a pris cher et qui a la texture de bottes en croco!
On profitera de cet après-midi pour essayer de faire une petite sieste, je crois qu'on en a bien besoin toi et moi, les nuits sont très courtes, très chaotiques...
A propos de crocodile, je n'aime pas montrer mon ventre... mais il est question d'illustrer un peu ce billet, alors exceptionnellement, te voilà dans ta cachette de ces derniers mois, bien gardée par un féroce crocodile :
Je repasse t'écrire tout à l'heure... je t'aime mon Bébé.
Maman

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